Use and reuse

Use and reuse. Explorer l’héritage culturel du dix-huitième siècle / Use and reuse. Exploring the legacy of eighteenth century culture

OBVIL/FMSH/Mellon Fondation

L’emprunt, la réutilisation et l’appropriation étaient des pratiques courantes chez les écrivains dans les stratégies qu’ils déployaient pour marquer leur propre originalité, en affirmant leur place dans une « République des Lettres » encore mal établie, tout en se mettant eux-mêmes en relation avec le public lettré. En affirmant d’une part leur autonomie et leur originalité et d’autre part le lieu de la mémoire et de la tradition, les auteurs repensaient et réactualisaient constamment leur relation dialogique avec la communauté des Lettres.

Résultant d’un partenariat de collaboration entre le Projet ARTFL de l’Université de Chicago et le Labex OBVIL, le projet « Use and Reuse » tente d’explorer les pratiques de réutilisation sur de grandes échelles.

Notre objectif est double:

  1. Explorer les modèles de réutilisation dans le «long» XVIIIe siècle (jusqu’au début du XIXe siècle).
  2. Comprendre mieux l’héritage du XVIIIe siècle en examinant la citation et la réutilisation dans un corpus de textes du XIXe et du début du XXe siècle.

La réutilisation littéraire a une longue histoire allant des compilations médiévales et des livres de lieux communs aux citations, aux références, aux allusions, et au plagiat. C’était certainement un signe du temps que les rédacteurs de l’Encyclopédie mettent en avant une politique de citation des sources, souhaitant ainsi distinguer entre auteur et autorité, originalité et tradition. Diderot lui-même commente la difficulté de cette pratique dans des genres aussi fondamentalement compilés que les dictionnaires ou les encyclopédies. Le statut de l’individu et la notion d’originalité ont été des éléments clés dans l’établissement des termes du débat et de la discussion autour des pratiques intertextuelles. Ce qui est plagiat dans un contexte se transforme en réutilisation — intertextualité, littérature de seconde main, etc. — dans un autre.

L’identification des diverses formes d’emprunt, de réutilisation et d’appropriation est une tâche difficile. Techniquement et théoriquement, la question de l’échelle est la clé. Naviguant entre la lecture distante et la lecture rapprochée, nous cherchons, dans cette collaboration, à identifier et à comprendre les différents modèles de réutilisation sur une large gamme d’échelles.

Cette équipe interdisciplinaire composée de chercheurs littéraires, d’informaticiens et de spécialistes d’humanités numériques traite des points suivants:

  1. Expérimentation et évaluation d’algorithmes d’alignement de séquences tirés de la bioinformatique et des disciplines connexes.
  2. Extension et perfectionnement d’un ensemble d’outils permettant d’identifier des passages similaires sur de très grands corpus (de l’ordre de plusieurs centaines de milliers de textes), par exemple le corpus ECCO (Eighteenth Century Collection Online) ou le corpus BNF-TGB (Très Grande Bibliothèque).
  3. Création et mise en accès libre d’un ensemble de bases de données de passages réutilisés identifiés dans le cadre de cette recherche.
  4. Cartographie et interprétation des pratiques de réutilisation mises en évidence sur ces corpus.

Projet dirigé par Jean-Gabriel Ganascia (Sorbonne Universités, OBVIL) et Robert Morrissey (Chicago University, ARTFL)

Équipe française

  • Didier Alexandre
  • Jean-Gabriel Ganascia
  • Christophe Martin
  • Jean-Denis Spinel (doctorant)

Équipe américaine

  • Clovis Gladstone
  • Robert Morrissey
  • Mark Olsen
  • Glen Roe

Borrowing, reuse, and appropriation were key practices in writers’ strategies to define their own originality, in affirming their place in a loosely defined “Republic of Letters,” and in situating themselves in relationship to the reading public. In the affirmation of autonomy and originality on the one hand and on the other, of the place of memory and tradition, the dialogical relationship with the community of Letters is constantly rethought and textually re-enacted.

We have established a collaborative partnership between the ARTFL Project at the University of Chicago and the OBVIL Labex of the Sorbonne Universities (SU) to explore practices of reuse on a large scale.

Our aim is dual:

  1. To explore patterns of reuse in the “long” eighteenth century (through early 19th c.).
  2. To understand better the legacy of the eighteenth century by examining citation and reuse in a corpus of 19th and early 20th century texts.

Literary reuse has a long history ranging from medieval compilations and commonplace books to citations, references, allusions, and plagiarism. It was certainly a sign of the times that the editors of the Encyclopédie highlighted their policy of citing their source, wishing thereby to distinguish between author and authority, originality and tradition. Indeed Diderot himself comments on how problematic this becomes in such fundamentally compilatory genres as dictionaries or encyclopedias. The status of the individual and the notion of originality have been key elements in setting the terms of the debate and discussion of intertextual practices. Plagiarism in one context becomes reuse — intertextuality, “second hand” literature, etc. — in another.

Identifying various forms of borrowing, use and appropriation is a notoriously complicated task. Technically and theoretically, the issue of scale is key. Navigating between distant and close reading, this collaboration seeks to identify and understand patterns of reuse over a broad range of scales.

This interdisciplinary team made-up of of literary scholars, computer scientists and digital humanists is collaborating in the areas of:

  1. Experimentation and evaluation of advanced sequence alignment algorithms drawn from bioinformatics and related disciplines.
  2. Extension and refinement of a set of tools to identify similar passages in very large corpora (in the order of several hundred thousand texts), e.g. the ECCO (Eighteenth Century Collection Online) and the BNF-TGB (Très Grande Bibliothèque) corpora.
  3. Creation of a set of open-access databases of passages identified in the course of this research
  4. The mapping and preliminary interpretation of reuse practices and patterns across these corpora.
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