Oraliser la littérature, 16e-21e siècle

Ce projet de recherche part d’un constat : la masse des lectures publiques d’œuvres littéraires du passé et du présent. Ce phénomène actuel, quelles que soient ses formes et ses modalités, dit non seulement un intérêt pour la littérature, mais encore ce qui est reconnu comme littéraire. Il est moins nouveau qu’il ne semble : par le passé, des académies, des cercles, des salons ont été des lieux de lectures et de discussions d’œuvres littéraires faites ou en devenir.

Le projet embrasse une vaste période allant du 16e siècle à nos jours. Le choix d’une perspective de temps long a valeur problématique ; elle amène à discuter la notion de réoralisation (ou d’oralité seconde) à laquelle on lie des pratiques orales du monde lettré dans le temps présent.

L’enquête qui porte principalement sur les littératures françaises intègre à titres comparatif et problématique des exemples étrangers.

Il ne s’agit pas d’étudier l’oral inscrit dans l’écrit ou les formes écrites de la parole vive ; il ne s’agit pas non plus de se livrer à une réflexion d’ordre philosophique (ou historique) sur une origine orale de la littérature. Le propos est de s’interroger sur ce que l’oralisation, plus précisément lire à haute voix pour un public réel ou virtuel (cas des enregistrements), fait à des textes définis comme littéraires, à leur transmission et à leur réception-appropriation.

On se propose d’explorer un certain nombre de questions d’ordre littéraire, sociologique, économique et anthropologique, afin d’objectiver et caractériser un phénomène de médiation qui n’a pas fait l’objet d’une interrogation globale, un phénomène d’une ampleur et d’une complexité plus grandes qu’il n’y paraît au premier abord.

Le projet, collaboratif, rassemble une équipe pluri-disciplinaire. Il fonctionne par ateliers fermés et journées d’étude publiques. Son objet premier est à terme la publication d’un ouvrage collectif.

F.W
Directrice de recherche au CNRS

Partager cet article