La présence de la littérature italienne dans le Mercure de France (1890-1918)

Très largement répandu en Europe, très ouvert aux littératures et aux cultures étrangères, le Mercure de France a joué, du moins jusqu’à la Première Guerre mondiale, un rôle majeur dans la culture européenne. L’autorité de cette revue parisienne, dirigée, pendant plus de quarante ans par Alfred Vallette, était unanimement reconnue. Elle était tenue en Italie pour la tribune étrangère la plus prestigieuse, dont les jugements avaient une incidence considérable sur la vie culturelle du pays.

Le but est de constituer une base de données avec tous les articles, études, chroniques etc. qui traitent de la littérature et des arts italiens ou qui y font référence. L’intérêt d’une exploration capillaire et systématique de la présence de la littérature italienne (y compris dans ses rapports avec les autres arts) dans le Mercure de France est manifeste. Au-delà d’une foule de micro-renseignements précieux pour les chercheurs, elle permet de mesurer l’évolution du dialogue entre la France et l’Italie au fil des années, d’apprécier les modalités de réception de la culture italienne propres au Mercure, et de mettre au jour les critères qui ont présidé à la constitution du canon littéraire italien des deux côtés des Alpes.

Le corpus choisi correspond aux volumes du Mercure de France qui vont de 1890, année où paraît la nouvelle série dirigée par Alfred Vallette, jusqu’à 1918, terminus ad quem qui a été choisi en fonction de plusieurs critères : c’est, en effet, une année qui marque incontestablement le tournant d’un “retour à l’ordre” après l’effervescence des avant-gardes ; plusieurs acteurs du débat qui a animé les pages du Mercure de France autour de la littérature italienne ont disparu, en partie à cause de la Grande guerre ; c’est aussi la limite que nous avons identifiée pour ne pas être confrontés à des problèmes de droits d’auteur.

Le but est de constituer une base de données avec tous les articles, études, chroniques etc. qui traitent de la littérature italienne ou qui y font référence. Cette base de données, doit être accessible à partir d’instruments d’interrogation qui seront élaborés en collaboration avec les ingénieurs de l’OBVIL. A titre d’exemple ils devront pouvoir générer une série d’index utiles à l’exploitation des documents: index thématique, index des ouvrages cités, index des noms cités, etc.

Nous nous proposons aussi de réaliser deux volumes d’études :

  1. Un premier volume sera consacré à une présentation du corpus étudié, et à une série d’études portant, d’une manière générale, sur le rôle de médiateur culturel joué par le Mercure de France: les acteurs de cette médiation (p. e. Remy de Gourmont, Luciano Zuccoli, Ricciotto Canudo, Giovanni Papini) les partis pris du Mercure de France et leur impact dans la constitution de la valeur littéraire, la spécificité du regard porté par le Mercure de France par rapport à d’autres revues (par exemple la Revue des deux mondes).
  2. Un volume d’études consacré aux grandes questions esthétiques et/ou théoriques dont on débat à cette période dans la revue.
  3. Pour les deux prochaines années deux séminaires de travail réunissant l’ensemble des chercheurs impliqués dans le projet sont prévus centrés, l’un sur les médiateurs culturels, et l’autre sur les paramètres critiques de réception. Un colloque consacré au canon italien établi par le Mercure de France est prévu en 2017.

Davide Luglio

Membres de l’équipe : Iris Berger (doctorante P IV, ELCI), Marguerite Bordry (Monitrice P IV ELCI), Tatiana Cescutti (docteur P IV), Flavia Crisanti (certifiée docteur P IV, ELCI), Aurélie Gendrat Claudel (MCF P IV ELCI), Alexandra Ivanovitch (post-doctorante Labex Obvil), François Livi (PR émérite P IV ELCI), Davide Luglio (PR P IV ELCI), Serge Milan (MCF Université de Nice), Francesco Orlando (doctorant P IV, ELCI), Maria Carla Papini (Université de Florence), Antonio Saccone (Université de Naples Federico II), Beatrice Sica (UCL Londres), Antonio Sichera (Université de Catane), Isabel Violante (MCF Université Paris I Panthéon Sorbonne).

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