La haine du théâtre

Le projet « La Haine du théâtre » a pour ambition d’explorer l’histoire des controverses sur le théâtre en Europe, à travers une série de manifestations scientifiques et grâce à l’édition numérique des textes polémiques.

L’hostilité au théâtre et au spectacle, qui s’était déjà exprimée dans l’Antiquité et chez certains Pères de l’Église, s’est réveillée dans les années 1570 en Angleterre, puis dans les autres pays européens. Elle s’est manifestée à travers une série de crises, donnant lieu à la publication de traités, pamphlets, sermons, mandements épiscopaux, mémoires aux autorités, etc. Elle a suscité un discours de défense qui a pris des formes tout aussi variées. Phénomènes récurrents de la vie culturelle européenne, ces débats se sont poursuivis jusqu’au début du XIXe siècle.

La réflexion s’oriente dans deux directions :

  1. Un travail sur les polémiques « anciennes », du dernier tiers du XVIe siècle jusqu’au début du XIXe. Comme elles ont été très inégalement étudiées, il s’agit de scruter les zones d’ombre, pour esquisser un bilan global en s’interrogeant, non seulement sur les argumentations développées et sur les transferts d’une aire culturelle à l’autre, mais aussi sur les décalages chronologiques et sur les circonstances qui ont donné lieu à des polémiques (où, quand et comment se déclenchent-elles ?).
  2. Un travail diachronique qui mette en rapport les débats anciens et leurs résurgences contemporaines, afin de réfléchir sur la propension du théâtre, qui est récurrente à travers les siècles, à faire scandale et à se constituer en caisse de résonance et en lieu de débat.

La numérisation des textes des controverses (corpus français, anglais, italien et espagnol), qui représentent plusieurs dizaines de milliers de pages, sera une contribution importante à la Bibliothèque critique numérique, et permettra une exploration systématique de ce corpus polémique, notamment grâce à l’indexation d’éléments comme les autorités citées, les anecdotes récurrentes, les arguments topiques, etc.

François Lecercle et Clotilde Thouret

Le projet rassemble une équipe de plus de 70 chercheurs, en France et à l’étranger, réunit plusieurs centres de recherche de Paris-Sorbonne (CRLC, CELLF, CLEA, ELCI, REIGENN, VALE) et prévoit des collaborations avec des universités étrangères (Université de Chicago, Bucknell University, Universität Koblenz-Landau).

Membres de l’équipe

Membres intérieurs (pôle recherche) : CRLC : Anne Ducrey, Bernard Franco, François Lecercle, Judith Sarfati-Lanter, Marthe Segrestin, Clotilde Thouret ; membres associés : Laurence Marie, Guillaume Navaud, Marie Saint-Martin
CELLF : Lise Andries, Georges Forestier, Pierre Frantz, Denis Guénoun, Sophie Marchand, Florence Naugrette.
CLEA : Mercedes Blanco, Florence D’Artois
ELCI : Andrea Fabiano, Lucie Comparini
REIGENN : Marie-Thérèse Mourey, Gérard Laudin
VALE : Elisabeth Angel-Perez, Alexis Tadié

Membres intérieurs (pôle informatique, technique et bibliographique) : Frédéric Glorieux, Vincent Jolivet, Éric Thiébaud

Membres extérieurs (pôle recherche) : France : Christian Biet (Université Paris Ouest Nanterre), Yan Brailowsky (Université Paris Ouest Nanterre), Jean-Pierre Cavaillé (EHESS), Line Cottegnies (Sorbonne nouvelle), Christophe Couderc (Université Paris Ouest Nanterre), Françoise Decroisette (Université Paris 8), Pascale Drouet (Université de Poitiers), Anne Duprat (Université Jules Verne Picardie), Julia Gros de Gasquet (Sorbonne nouvelle), Carine Herzig (Université Montaigne Bordeaux 3), Jeanne-Marie Hostiou (Paris-Sorbonne/Oxford), Sylvie Humbert-Mougin (Université François Rabelais Tours), Elsa Jaubert (Université de Caen), Jeffrey Hopes (Université François Rabelais Tours), Pierre Kapitaniak (Université Paris 8), Marion Lafouge (Université de Bourgogne), Sylviane Leoni (Université de Bourgogne), Véronique Lochert (Université de Haute Alsace), Bénédicte Louvat (Université Montpellier III), Corinne Lucas-Fiorato (Sorbonne nouvelle), Hélène Merlin-Kajman (Sorbonne nouvelle), Sarah Nancy (Sorbonne nouvelle), Pierre Pasquier (Université François Rabelais Tours), Maryvonne Saison (Université Paris Ouest Nanterre), Zoé Schweitzer (Université de Saint-Etienne), Marielle Silhouette (Université Paris Ouest Nanterre), Anne Teulade (Université de Nantes-IUF), Laurent Thirouin (Université Lyon 2), Nathalie Vienne-Guerrin (Université Montpellier III, angliciste), Marc Vitse (Université de Toulouse-Le Mirail), Marc Vuillermoz (Université de Savoie), Enrica Zanin (Université de Strasbourg)
Etranger : Frédérique Aït-Touati (Oxford), Déborah Blocker (Berkeley), Claude Bourqui (Fribourg), Logan Connors (Bucknell), Kirsten Dickhaut (Koblenz-Landau), Mara Fazio (Roma I), Bruna Filippi (LUMSA-Rome), Sylvaine Guyot (Harvard), Thomas Hunkeler (Fribourg), Maurizio Melai (Bologne), Lise Michel (Lausanne), Ourida Mostefai (Boston College), Larry Norman (Chicago), Hirotaka Ogura (Université Sophia, Tokyo), Tanya Pollard (Brooklyn College), Julia Prest (Saint Andrews), Hugh Roberts (Exeter).

Post-Doctorants : Laura de Coulon (Fribourg), Chiara Mainardi (Paris-Sorbonne, OBVIL), Radovan Mirkovic (Genève), Silvia Spanu Fremder (Paris-Sorbonne)

 

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